Strava : allié ou ennemi des coureurs ?
Strava est une application populaire auprès des coureurs et des cyclistes, permettant de suivre ses performances, d’analyser ses sorties et de partager ses entraînements avec une communauté. Grâce à ses fonctionnalités comme les segments, les kudos et les défis, elle peut être un véritable moteur de motivation. Cependant, son aspect social et compétitif peut aussi générer de la pression, voire nuire au bien-être mental et à la sécurité des utilisateurs.

Sommaire
Si tu cours régulièrement, tu as sûrement déjà entendu parler de Strava, cette application incontournable pour les coureurs et les cyclistes. Véritable réseau social du sport, elle permet de suivre tes performances, d’analyser tes sorties et de comparer tes temps avec d’autres athlètes. Avec ses segments, ses défis et son système de kudos, elle a tout pour motiver… du moins en théorie.
Car Strava, aussi populaire soit-elle, ne fait pas l’unanimité. Certains l’adorent et y voient une source d’inspiration et de progression, tandis que d’autres la fuient à cause de la pression sociale, du manque de confidentialité ou de l’aspect compétitif parfois pesant. Pour certains coureurs, l’application devient même une source de stress, au point de remettre en question son utilité.
De mon côté, j’ai fait le choix de bloquer mon compte Strava, et ce pour deux raisons principales : préserver ma vie privée en évitant de partager publiquement mes habitudes d’entraînement, et me protéger d’une forme de harcèlement où chaque détail de mes statistiques était scruté et critiqué. Dans cet article, on va voir ensemble pourquoi certains coureurs choisissent de se détacher de Strava, et si toi aussi, tu pourrais gagner à prendre du recul sur cette application.

Strava : un outil utile, mais controversé
Strava, le réseau social des sportifs
À la base, Strava est bien plus qu’une simple application de suivi d’entraînement. C’est un véritable réseau social dédié aux sportifs, où chaque sortie est enregistrée, analysée et partagée avec une communauté. Parmi ses fonctionnalités phares, on retrouve :
- Le suivi des performances : chaque run est automatiquement analysé (distance, vitesse, dénivelé, fréquence cardiaque, etc.), permettant d’observer sa progression.
- Les segments : des portions de parcours chronométrées où les coureurs peuvent comparer leurs temps et tenter d’obtenir le meilleur classement.
- Les kudos et les commentaires : comme sur un réseau social classique, les utilisateurs peuvent « liker » et commenter les performances des autres.
- Les défis et trophées : des challenges mensuels ou hebdomadaires incitant à courir plus souvent ou plus vite.
Avec toutes ces fonctionnalités, pas étonnant que Strava soit aussi populaire parmi les coureurs. Beaucoup l’utilisent comme un outil de motivation, un moyen de rester discipliné et de mesurer leurs progrès. L’aspect communautaire joue aussi un rôle clé : voir les entraînements des autres peut être une source d’inspiration, et recevoir des encouragements après une sortie apporte un vrai boost de motivation. Mais ce côté ultra-connecté a aussi ses limites… et c’est là que certains coureurs commencent à décrocher.
Pourquoi certains coureurs quittent Strava ?
Malgré son immense succès, Strava ne plaît pas à tout le monde. Si certains y trouvent une source de motivation et un outil d’analyse performant, d’autres finissent par s’en éloigner, voire par supprimer complètement leur compte. Derrière cette décision, plusieurs raisons reviennent souvent : le poids de la comparaison, la pression sociale et le manque de confidentialité.
En effet, Strava ne se limite pas à un simple journal d’entraînement personnel. Chaque sortie devient publique (sauf si l’on modifie les paramètres), et avec elle, la possibilité d’être scruté par d’autres utilisateurs. Beaucoup ressentent une pression implicite : courir « suffisamment vite », accumuler assez de kilomètres, ou encore éviter d’afficher une sortie jugée « trop lente » par peur du jugement. À cela s’ajoute la surexposition des données personnelles : lieux de départ, horaires d’entraînement, itinéraires…, autant d’informations qui peuvent poser problème en matière de vie privée et de sécurité.
Face à ces aspects négatifs, de plus en plus de coureurs font le choix de prendre du recul sur Strava, en limitant leur utilisation, en passant en mode privé… ou en quittant la plateforme pour retrouver une pratique plus libre et décomplexée du running.







La pression sociale et la comparaison permanente
Strava pousse à la compétition (même quand on ne le veut pas)
L’un des aspects les plus marquants de Strava, c’est son côté ultra-compétitif. Même si l’application peut être utilisée uniquement pour suivre ses entraînements, elle met constamment en avant les performances, les classements et les comparaisons avec les autres coureurs.
Tout commence avec les segments : ces portions de parcours où chaque passage est chronométré et classé. Résultat ? Beaucoup de coureurs se prennent au jeu et tentent d’améliorer leur temps pour décrocher un KOM (King of the Mountain) ou un QOM (Queen of the Mountain). Certains ajustent même leurs entraînements pour battre des records sur ces segments, quitte à s’éloigner de leurs objectifs initiaux. Cette quête de performance peut vite devenir envahissante, surtout pour ceux qui cherchent simplement à courir sans pression.
Au-delà des segments, Strava pousse à toujours en faire plus. Chaque sortie est analysée sous toutes les coutures : allure, distance, fréquence cardiaque, dénivelé… Difficile alors de courir « juste pour le plaisir », sans penser aux chiffres et aux statistiques. Certains finissent par ressentir une sorte d’obligation à performer à chaque sortie, sous peine de voir leur progression stagner ou de recevoir des remarques sur leurs performances. À force, cette mentalité peut détourner du plaisir initial du running, transformant un simple footing en un défi permanent contre le chronomètre.
L’impact psychologique de la comparaison
Avec Strava, chaque sortie devient publique, ce qui peut inconsciemment transformer la course à pied en une quête de validation sociale. Certains coureurs en viennent même à ressentir le syndrome du « si ce n’est pas sur Strava, ça n’existe pas ». Une sortie non enregistrée ou un footing sans montre GPS peut donner l’impression d’un entraînement « perdu » ou inutile, alors qu’en réalité, chaque run compte, même sans statistiques détaillées.
À cela s’ajoute le stress de publier chaque run. Beaucoup de coureurs hésitent avant de partager leur sortie, de peur d’être jugés sur leur allure, leur distance ou leur fréquence d’entraînement. Les critiques, parfois déguisées en conseils, peuvent devenir pesantes : « Tu cours trop lentement », « Tu aurais pu aller plus loin », « Pourquoi tant de pauses ? »… Avec le temps, ce regard extérieur peut influencer la façon dont on court, au point de modifier ses entraînements pour correspondre aux attentes des autres plutôt qu’aux siennes.
Finalement, cette comparaison permanente fait perdre le plaisir de courir pour soi. Plutôt que de se concentrer sur les sensations, certains finissent par courir en fonction de ce qui « fera bien » sur Strava : une allure plus rapide, des sorties longues, ou l’ajout de fractionnés pour booster l’allure moyenne. À force, l’application peut dénaturer la pratique du running, la transformant en une performance sociale plus qu’un moment de plaisir et de bien-être.

Confidentialité et sécurité : un vrai problème sur Strava
Strava expose tes habitudes d’entraînement
Si Strava est un excellent outil de suivi, il peut aussi mettre en danger ta vie privée, souvent sans que tu t’en rendes compte. Par défaut, l’application enregistre tes horaires d’entraînement, tes lieux de départ et d’arrivée, ainsi que tes trajets exacts. Si tu cours toujours aux mêmes heures et aux mêmes endroits, cela devient prévisible, ce qui peut poser un vrai problème de sécurité, notamment pour les personnes qui s’entraînent seules.
Ce manque de confidentialité touche aussi particulièrement les cyclistes, qui partagent parfois l’emplacement exact de leur domicile et de leur matériel. Il n’est pas rare que des vols de vélos aient été facilités par Strava : un voleur potentiel peut facilement repérer les itinéraires fréquents, deviner où est stocké le vélo et s’organiser en conséquence.
Enfin, il ne faut pas sous-estimer la facilité avec laquelle des inconnus peuvent analyser tes habitudes. Quelqu’un qui suit ton compte peut voir où tu cours, à quelle fréquence, à quelle vitesse, et même identifier tes périodes de repos ou de vacances. Dans mon cas, j’ai choisi de bloquer mon compte Strava après avoir constaté que certaines personnes passaient mon profil au crible, analysant mes performances et me critiquant en fonction de mes résultats. Une intrusion qui a fini par peser sur mon rapport à la course et à l’application.
Pourquoi j’ai choisi de bloquer mon Strava
Après plusieurs années d’utilisation, j’ai pris la décision de bloquer mon compte Strava, hormis pour les courses officielles. Ce choix n’a pas été anodin, mais il m’a permis de retrouver plus de sérénité dans ma pratique du running.
La première raison a été de protéger ma vie privée. Strava enregistre et partage énormément d’informations, parfois sans qu’on en ait pleinement conscience. Même en modifiant certains paramètres de confidentialité, il reste difficile de garder un contrôle total sur qui peut voir tes sorties et analyser tes performances. J’ai ressenti le besoin de reprendre la main sur ces données.
Ensuite, ne plus exposer mes lieux et heures d’entraînement était essentiel. Comme beaucoup de coureurs, j’ai des parcours et des horaires récurrents. Le fait que ces informations soient accessibles pouvait représenter un risque, que ce soit en termes de sécurité personnelle ou simplement pour éviter une sensation de « traçabilité » constante.
Enfin, j’ai voulu éviter certains comportements intrusifs. Avec le temps, j’ai constaté que certaines personnes suivaient mes statistiques avec une attention malsaine, allant jusqu’à commenter mes performances ou chercher à les décortiquer. Ce genre d’attitude peut être pesant et influencer ta pratique sans même que tu t’en rendes compte. En bloquant mon compte, j’ai mis fin à cette pression extérieure et retrouvé un rapport plus sain avec mon entraînement.

Strava et la toxicité des critiques et jugements
Quand Strava devient un outil de surveillance et de critiques
Si Strava peut être une source de motivation, il peut aussi devenir un véritable outil de surveillance. Certains utilisateurs ne se contentent pas de suivre leurs propres progrès : ils scrutent aussi les performances des autres, analysant chaque statistique, chaque sortie, chaque variation de rythme. Et bien souvent, cela se traduit par des jugements et des commentaires non sollicités.
J’ai moi-même été confrontée à des remarques négatives sur ma vitesse, la fréquence de mes entraînements, ou encore le type de séances que je réalisais. « Tu cours trop lentement », « Pourquoi tu ne fais pas plus de fractionné ? », « Tu as ralenti par rapport à la semaine dernière »… Des critiques qui, à force d’être répétées, finissent par peser sur le mental et influencer la manière dont on s’entraîne.
Le problème, c’est que cette surveillance peut se transformer en une forme de harcèlement. Certains n’hésitent pas à comparer tes performances aux leurs, à pointer du doigt une baisse de niveau ou à insinuer que tu « n’entraînes pas assez sérieusement ». Dans mon cas, j’ai vu des personnes disséquer mes statistiques et me faire des remarques intrusives sur ma progression, mon allure, voire même sur le fait que je marchais pendant certaines sorties.
C’est aussi pour cette raison que j’ai choisi de bloquer mon Strava. À un moment donné, il devient essentiel de se recentrer sur sa propre pratique, sans laisser l’avis des autres influencer son plaisir de courir.
Courir pour soi, pas pour Strava
Quand on commence à utiliser Strava, on le fait souvent pour suivre ses progrès et se motiver. Mais avec le temps, l’obsession des métriques peut prendre le dessus et gâcher le plaisir initial de courir. Au lieu de se concentrer sur les sensations, on finit par se focaliser uniquement sur les chiffres : l’allure moyenne, la distance parcourue, le nombre de kilomètres mensuels… Et quand une sortie semble « moins bonne » sur le papier, elle peut donner un sentiment d’échec, même si elle était agréable en réalité.
Se détacher de Strava permet de retrouver la liberté de courir sans pression. Plus besoin de chercher à impressionner, ni de justifier ses choix d’entraînement. On peut ralentir sans culpabiliser, s’arrêter pour admirer un paysage, ou simplement courir en fonction de son ressenti du jour. En remettant les sensations au cœur de la pratique, on retrouve ce qui nous a fait aimer la course à pied au départ : un moment à soi, loin des comparaisons et des jugements.



Faut-il quitter Strava ?
Strava peut être un bon outil, mais pas pour tout le monde
Strava a indéniablement ses avantages : c’est un excellent outil de suivi et de motivation. Il permet de garder un œil sur ses progrès, d’analyser ses entraînements et de se fixer des objectifs concrets. Pour beaucoup, la dimension communautaire est aussi un vrai moteur : échanger avec d’autres coureurs, recevoir des kudos, se challenger sur des segments… Tout cela peut être un levier de motivation et d’engagement.
Mais à l’inverse, Strava n’est pas toujours bénéfique. Pour certains, la comparaison constante avec les autres peut générer de la frustration, du stress, voire une perte de confiance en soi. L’obsession des performances peut détourner du plaisir initial de courir, et la pression sociale peut finir par peser sur le mental. Sans oublier les risques liés à la surexposition des données personnelles, qui peuvent mettre en danger la sécurité des coureurs et des cyclistes.
Au final, l’important est de savoir si Strava te correspond réellement. Si l’application t’aide à progresser et à rester motivée, tant mieux ! Mais si elle devient une source de stress ou d’inconfort, alors il peut être bénéfique de prendre du recul, voire de s’en détacher complètement pour retrouver une pratique plus sereine et plus authentique du running.
Mon conseil : écouter ses propres besoins
Avant d’utiliser Strava (ou de continuer à l’utiliser), il est important de se poser la bonne question : est-ce que cette application m’apporte réellement quelque chose de positif ? Si elle te motive, t’aide à structurer tes entraînements et te permet de progresser, alors elle peut être un bon allié. Mais si, au contraire, elle génère du stress, de la frustration ou une pression inutile, il peut être temps de réajuster son utilisation.
Une option intéressante peut être de passer en mode privé ou d’ajuster les paramètres de confidentialité. Tu peux limiter la visibilité de tes activités à un cercle restreint, masquer tes points de départ et d’arrivée ou encore bloquer l’accès à ton profil aux inconnus. Cela permet de profiter des avantages de l’application sans s’exposer complètement.
Enfin, si Strava devient une source d’anxiété ou de comparaison malsaine, il ne faut pas hésiter à s’en détacher complètement. Courir sans avoir à penser aux statistiques, sans la pression de la publication ou du regard des autres, peut être extrêmement libérateur. Après tout, le plus important, c’est de courir pour toi, pas pour une application.

Pour ou contre Strava ?
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